14 août 2008
Les jeux Olympiques vus par un vouzinois - Episode 1
Article de Audrey Benzaken, un journaliste du journal L'union de Vouziers (Ville du département français des Ardennes) :
Julien Potron vit en Chine depuis deux ans (notre édition du 22 avril). En pleins JO, il nous livre ses observations sur ce pays en fête. Premier volet du carnet de route d'un Vouzinois expatrié.
OÙ avez-vous passé la cérémonie d'ouverture des JO ?
« J'ai vécu la cérémonie à Shanghai. Je suis resté une petite heure
devant un écran géant, avec des amis. Pendant ce temps, un Chinois se
tourne vers nous et, apparemment ivre, nous annonce qu'il est métisse
sino-japonais, mais que son cœur balance vers la Chine (quand on
connaît les relations sino-japonaise, on se dit que cela ne doit pas
être facile tous les jours). Mais qu'importe, nous sympathisons, malgré
l'alcool qui semble faire son effet chez ce jeune. La soirée passe. »
Et l'atmosphère de cette soirée ?
Photo : Marco de Mutiis.
« Ovations et applaudissements à la vue de Hu Jintao (NDLR : le président chinois). Beaucoup jugent les tenues des équipes nationales. Un collègue états-unien d'Amérique me suggère que les membres de la délégation Nord-américaine rentreront en tenue de G.I. Puis George W. Bush passe à la télévision. Il est hué par le public, américain et européen en majorité. Puis vient le tour de la délégation chinoise, standing ovation «Zhongguo Jiayou !» qui signifie «Allez la Chine !». Notre collègue sino-japonais s'improvise tribun et motive la foule, qui s'en donne à cœur joie. »
Comment et où vivez-vous ces JO ?
« Durant les JO, je serai entre Shanghai, la capitale économique
chinoise à l'est de la Chine et Xi'An, la capitale historique au centre
de la Chine. Je compte également me rendre durant la prochaine semaine
dans des villages du centre de la Chine. Une manière de tâter le pouls
de la Chine laborieuse, qui passera sans aucun doute à côté des
projecteurs olympiques. Mais qui possède tout de même la plus grande
part de responsabilité dans la réussite de ces JO.
Quelles personnes forment cette Chine laborieuse ?
« Ce sont les ouvriers paysans (mingong) prestement invités à déguerpir de Pékin avant les JO, ou encore les mineurs, qui ont multiplié la production du charbon par plus de 2.5 depuis 7 ans. Ils permettent à la Chine d'économiser du pétrole, mais pas le gaz à effets de serre. Je citerai aussi ces millions de paysans chinois qui, armés de leurs faucilles, continuent à alimenter le quart de l'humanité. »
Quelle est l'ambiance autour de vous ? Ressent-on une atmosphère particulière au sein de la population chinoise depuis le début des JO ?
« Dans une ville comme Shanghai, l'ambiance est au travail, même si la capitale économique accueille quelques compétitions. Les gens continuent leur vie le plus normalement possible. Ayant interpellé quelques commerçants qui regardaient un feuilleton, je leur ai lancé : « alors les Jeux ? Vous ne les regardez pas ? » Ceux-ci m'ont répondu en cœur : « On se repose un peu ! »
Et à Pékin ?
« Je m'y suis rendu quelques jours avant les JO et l'ambiance est à la sécurité ! Jamais je n'avais vu de tels déploiements de forces de l'ordre en Chine, malgré leur visibilité permanente tout au long de l'année. Je dois dire qu'ils ont fait très fort. »
Et Xi'An ?
« Là-bas, les JO n'ont lieu qu'au travers de la télévision, de la
radio et des journaux. Il ne semble pas y avoir plus de touristes qu'à
l'habitude (NDLR : Xi'An abrite les fameux guerriers de terre cuite).
Beaucoup semblent être venus tout spécialement pour les JO, à
l'image de ce groupe d'une vingtaine de jeunes de la région parisienne
faisant un crochet par Xi'An avant d'aller encourager, à Pékin, la
judoka Lucie Décosse. »
***
Des étudiants sous influence…
« Pendant la cérémonie, le métisse sino-japonais s'est faufilé derrière l'écran muni d'un couteau. Et après avoir insulté les étrangers, l'homme a coupé le câble d'alimentation de l'écran géant. Explosion puis extinction instantanée. L'homme s'est fait poursuivre par des membres de la sécurité. Tandis que je prends quelques photos, la police arrive en moto pour le neutraliser. Des jeunes étudiants chinois affolés s'approchent de moi et me lancent de ne pas prendre de photos et de ne surtout pas les mettre sur Internet. Un jeune plus excité que les autres m'ordonne de respecter la Chine. Plus tard, un membre de la sécurité demande gentiment aux étudiants de me laisser tranquille.
L'explication à ce mouvement de panique tient à ce que les
étudiants vivent en internat depuis le collège. Ils subissent un
entraînement militaire au début de chaque semestre, et bénéficient de
clubs de propagande durant leur scolarité. Ils sont de loin les
personnes les plus naïves et infantilisés par le gouvernement.
Certes les exceptions existent, mais il est toujours frappant de
constater à quel point le nationalisme, les discours simplistes, et les
idées reçues ont un tel impact sur la jeunesse. Au-delà de la question
des droits de l'homme, ces comportements sont bien plus à craindre pour
l'avenir de la Chine. »

PHOTO : Selon
Julien Potron, les Occidentaux constatent, depuis les événements de
mars dernier, l'influence de la propagande auprès de la population qui
veut renvoyer à tout prix l'image d'un pays parfait.
Article paru dans L'union du 14 Août 2008
13 mai 2008
Tremblement de nerfs
La Terre a donc tremblé, et pas que la terre du reste : meubles, murs, bâtiments, corps, coeurs et nerfs...
Que se passe t'il quand plus d'un milliard d'êtres humains, quand un cinquième de l'humanité a peur en même temps ?
J'étais au lit à 14h28 de l'après-midi, pris par une grippe et une montée de fièvre qui ne me lâchait pas depuis deux jours.
Allongé tout habillé, la tête en vrac, comme on dit, je rêvais. Je rêvais comme rêve un fièvreux, un malade... Divaguant de bons en mauvais souvenirs, de bons en mauvais délires... Je rêvais de mort, aussi étrange que cela puisse paraître. Je voyais une vidéo de morts que je n'ai pas connu, qui me suivent et m'accompagnent depuis mon enfance, et qui me suivront et m'accompagneront jusqu'à la mort, la mienne cette fois-ci. Cette vidéo dans le petit caméscope de mon imagination, me montrait une personne, dont je n'ai pas d'image, si ce n'est en rêve depuis mon enfance. Or cette personne si belle et si jeune, voulait me parler, essayait de me parler, mais le son de ce caméscope ne fonctionnait pas, et je ne pouvais l'entendre...
Quand plein de frustrations, un autre rêve, celui-ci plus réel me fit ouvrir les yeux. Un son lourd, un battement se fit entendre : "boum, boum". Je pensa tout d'abord au battement de mon coeur, et pris d'un effroi, je fus surpris par l'effet que pouvait avoir ce genre de rêve sur mon rythme cardiaque.
Rythme cardiaque qui bientôt, et en quelques secondes fit bouger mon lit, de 80 kilos avec mon humble corps de 90 kilos dessus, puis ouvrit mes armoires, et enfin fit trembler les murs de ma chambre, et enfin tout mon immeuble, tel un bateau ivre dans une mer indicible. Pris d'un éclair de lucidité, je me rendis compte qu'il s'agissait bel et bien d'un tremblement de terre. Dans mon excitation d'adolescent aventurier et inconscient, il m'était déjà arrivé de souhaiter que cela m'arrive, de vivre un tremblement de terre, et bien voilà j'y étais...
Le temps de me mettre à l'abri sous la table de ma petite cuisine et d'attendre que les murs cessent de trembler, et voilà c'était fini. Cela aura duré plus d'une minute, peut-être deux, mais enfin Dieu sait que les minutes sont longues durant ce genre d'événements...
Le temps de faire un petit sac, et craignant d'hypothétiques répliques, je descendis au pied de mon petit bâtiment, où déjà plus d'une centaine de personnes étaient réunis, pris d'une montée de sueur et de fièvre au contact de l'air chauffé par un soleil qui devait taper à 30°C si ce n'est plus, j'eus la clairvoyance d'esprit, de partir à la recherche d'une pharmacie pour soigner cette maladie qui m'épuisait tant. Le long de mon chemin, j'eus croisé si ce n'est des centaines, au moins des dizaines de milliers de personnes dans les rues de mon quartier, tous attendant dans un brouhaha de circonstance, qu'ils puissent se remettre de toutes ces émotions...
Photo : Benjamin Fraysse.
De retour chez moi, puisqu'épuisé par mon escursion, il était hors de question d'attendre dehors, quoi qu'il advienne, je pris mon médicament chinois, et m'allongea de nouveau sur mon lit, cette fois, aucun rêve, aucune pensée, calme et sérénité...
Dès mon réveil, je consultais le Web, pour avoir plus de nouvelles et savoir ce qu'il en était de ce tremblement de terre...
La suite vous la connaissez, ou vous la connaîtrez dans les jours à venir, quand le bilan définitif de cette tragédie sera connu...
En attendant, alors que des centaines de millions de chinois dormirent dans la rue dans la nuit du 12 au 13 Mai 2008, épuisé par tant d'émotion, je n'entendis pas la réplique qui eu lieu à 4 heures du matin à Xi'An, à peine suffisante, pour me dire qu'il fallait peut-être aller aux toilettes...
Photo : Benjamin Fraysse.
Comme dirait le romancier Aurélien Scholl : "Le tremblement de terre est un mouvement de l'écorce terrestre, qui commence par une oscillation et finit par une tombola". Je rajouterai que cette roulette russe, qui a plus d'une balle dans son chargeur aura anéanti en quelques secondes des milliers de vie, de 0 à 99 ans... C'est la tombola de la vie...
Et puisque le poète Aragon a écrit : "le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard", vivez mes amis, vivez !
20 avril 2008
Des manifestations anti-français en Chine.
Réponses aux questions de Jacques Berthion, un journaliste du journal L'union de Vouziers (Ville du département français des Ardennes).
1. Rappeler ton "état civil" : âge, lien avec Vouziers... :
Né à Vouziers, j'ai eu l'occasion d'étudier dans de nombreux établisssements, tout d'abord dans le collège de Buzancy, dans le lycée Masaryk de Vouziers, en classes préparatoires au lycée Clémenceau de Reims, au sein de l'école supérieur de Commerce Sup de Co Montpellier, ainsi qu'à l'université d'économie de Münster en Allemagne. J'ai aussi travaillé dans de nombreuses entreprises ou organisations en France, au Sénégal, en Lituanie, en Suisse, et en Chine, où je réside depuis 2 ans.
2. Rappeler pourquoi tu es en Chine, où, depuis combien de temps et pour combien de temps :
A 24 ans, cela fait donc 2 ans que je vis dans l'empire du milieu, vivant dans une petite cité ouvrière, mangeant au restaurant du coin et me soignant dans les hopitaux du pays.
Mon niveau de chinois, que je qualifierai de soutenu me permet de dialoguer quotidiennement avec de nombreux citoyens chinois, et comme l'ensemble des personnes ayant vécu à l'étranger, force est de constater qu'en Chine comme ailleurs, les opinions, les goûts et les couleurs sont aussi variés qu'en France. Tout stérotype ou généralisation étant par évidence prohibé.
J'étudie actuellement le chinois et le commerce international à mi-temps, travaillant le reste du temps pour mes deux entreprises (une entreprise de tourisme équitable au Sénégal www.ecosentour.org, et une entreprise de service aux étudiants étrangers en Chine www.xintravel.com). J'obtiendrai en juin prochain un double Master en International Business, qui me permettra de continuer à mettre mes services à disposition d'entreprises chinoises, européennes et africaines, spécialisées dans la fabrication et la commercialisation de produits solaires (puisqu'il s'agit de mon domaine de prédilection), je compte donc rester encore 4 ou 5 ans en Chine, pour parfaire mes compétences et mettre à profit mon savoir faire au service d'un enjeux de taille : le développement des énergies renouvelables.
3. Que sait-on de l'agitation autour de la flamme et des JO à Pékin ?
La couverture médiatique et le prisme par lequel nos médias ont couverts les événements au Tibet, semblent avoir été le déclencheur des évenements actuels. En effet il semble évident que le parti pris des médias occidentaux pour la cause tibétaine, après que des innocents se soient fait brûler vifs dans les rues de Lhassa, n'a pas vraiment plu aux citoyens chinois, qui se sont sentis blessés.
L'atmosphère chaleureuse de la préparation des Jeux Olympiques et la volonté d'une immense majorité des chinois d'accueillir leurs "amis étrangers" ("外国朋友" - "waiguo pengyou", la terminologie du gouvernement pour nommer les étrangers), semble s'être brisée après les évenements de Paris.
La perception des événement qui ont eu lieu à Paris, s'exprime ici autours de l'agression par un supporter de la cause tibétaine de l'athlète handicapée Jin Jing. Cela dit la réaction des chinois face à ces évenements est plus que timoré, tant les chinois sont dépolitisés.
4. Qu'en pense-t-on, notamment du rôle de la France ?
Aujourd'hui ( Dimanche 20 Avril 2008), j'ai pu lire un article évoquant les manifestations de la veille sur l'un des journaux de ma ville (Xi'An, environ 7 millions d'habitants, presque 9 avec la banlieue). Celui-ci comportait le titre suivant : « A l'entrée de Carrefour, une centaine de personnes pour supporter la Chine ».
La photo y montre quelques manifestants très bien équipés : drapeaux chinois, banderolles appelant au boycottage de Carrefour, et quelques slogans nationalistes.
Je me suis rendu à Carrefour aujourd'hui, pour voir si je pouvais y rencontrer quelques personnes pour dialoguer. Aucune banderolle et aucun drapeaux aujourd'hui, il y avait seulement quelques badauds, une trentaine attendant devant l'entrée du magasin, 3 voitures de polices à proximité, 2 policiers en tenue devant l'entrée et une dizaine de policiers en civil autours du périmètre.
Après avoir pris quelques photos, je me suis assis devant l'entrée, et quelques badauds ont fait des rotations autours de moi, puis un couple s'est assi près de moi pour discuter. Commençant la conversation en anglais, par le rituel "Hallo", je leurs ai répondu en chinois, leur disant que j'étais français, étonnement et stupéfaction dans leurs regards : "que diantre faisais je ici ?", pouvais-je lire dans leurs yeux.
Je leurs ai expliqué que j'avais lu l'article de journal de la matinée, et que j'étais venu faire un tour pour comprendre ce qui se passe. Voyant que je parlais chinois, la troupe des badauds s'est mis autours de moi en arc de cercle, et le dialogue a commencé. Rien de très concluant et aucune information précise n'est ressortie de la conversation, si ce n'est que comme eux je déplorais l'attaque disgracieuse du manifestant tibétain à l'encontre de Jin Jing l'athlète handicapée chinoise. Après 2-3 minutes de conversation un policier en civil est venu me dire gentiment de ne pas rester ici.
Je lui ai alors demandé de prendre mon appareil photo et de me photographier avec mes nouveaux amis chinois, il n'a alors exprimé aucun refus, mais la foule ayant reconnu l'officier de police, s'est vite dispersée.
Devant nous les clients du Carrefour de Xi'An continuaient d'aller et de venir, s'adonnant paisiblement au plaisir du shopping.
Finalement seul la curiosité avait amené ces gens ici, et malgrè quelques regards pas très sympathique, aucune haine ou aucune animosité n'était perceptible.
5. Cela implique-t-il des changements à ton égard ?
J'ai effectué une petite enquête auprès d'une trentaine de français à Xi'An, tous n'ont absolument rien ressenti de particulier ces derniers temps, aucune remarque désobligeante, aucun comportement aggressif, absolument rien à signaler de particulier.
La vie continue sont cours normalement, j'ai d'ailleurs été interviewé par la chaine de télévision régionale Shaanxi TV, répondant à des questions sur les habitudes de vie des étrangers en Chine. Et une amie française est elle aussi passé sur la même chaîne le Samedi soir, car elle était la seule étudiante participant à un tournoi de foot inter-universitaire de la ville de Xi'An, rappelant au passage les liens d'amitiés entre la Chine et la France, et son soutien aux Jeux Olympiques de Pékin.
Une collègue faisant une étude marketing sur les produits français (avec un panel de 150 étudiants de 21 à 23 ans), 4 jours après l'incident parisien, m'a relaté que 12% des réponses à la question : « aimez-vous la France ? » étaient négatives, indiquant que ces réponses était motivés par les événements de la semaine. Un peu moins de 90% des jeunes déclarés aller régulièrement à Carrefour (au minimum 2 fois par mois).
Cela dit de nombreux amis chinois m'ont téléphoné pour me conseiller de faire attention et de ne pas aller à Carrefour lors des manifestations.
A la question usuelle « d'où viens tu ? », et après avoir répondu que j'étais français, l'ensemble des chauffeurs de taxis ou des commerçants rencontrés continuent de me répondre par un grand sourire, me parlant de la tour Eiffel, de Zidane, ou encore de Chirac...
6. Quelle est l'opinion majoritaire sur la question tibétaine ?
L'opinion unanime concernant la question tibétaine, est qu'il s'agit d'un problème de politique intérieur, et que le Tibet est une région chinoise. Un professeur d'histoire ayant d'ailleurs fait une analogie avec le problème corse en France, ou encore le problème basque en Espagne. Quant à la réaction de la police chinoise, celle-ci ne semble pas poser de problème aux chinois que j'ai rencontré, qui y voient un moyen de rétablir l'ordre et de ne pas laisser les extrémistes tibétains continuer leurs actes de violence.
Le même professeur d'histoire relativant les faits qui ont eu lieu au Tibet, m'a expliqué que le chemin amenant la Chine vers plus de liberté d'expression était encore long, mais qu'il fallait laissait du temps au gouvernement afin qu'il trouve celui-ci.
Me faisant nombre d'analogies, comme les manifestations meurtrière en 1961 et en 1962 à Paris, ou encore les émeutes de Los Angeles en 1992.
7. Seras-tu à Pékin pendant les JO, et comment les vivras-tu ?
Pendant la période des Jeux Olympiques, j'ai prévu de faire un petit reportage photo dans la Chine de l'intérieur, histoire de partager la réaction des paysans, et des laissés pour compte de la croissance chinoise. Un voyage au coeur de la Chine qui n'a pas les moyens de boycotter Carrefour...
Article paru dans L'union du 22 Avril 2008
24 mars 2008
Réflexion sur le Tibet
Un coup d'épée dans l'eau, que les douzes propositions des intellectuels chinois pour résoudre a crise au Tibet.
En effet le site sur lequel il ont publié leur texte est censuré dans l'empire du milieu...
Même si la société civile semble pouvoir faire la part des choses, entre des jeunes tibétains enragés et "les tibétains", distinction qu'il serait utile de faire en Occident entre le gouvernement chinois et "les chinois"...
Quant à la propagande du gouvernement chinois contre celle orchestrée par les médias occidentaux... Qui a raison ? Qui a tord ? Y a t'il encore de la raison dans le débat ?
Ou sommes nous en train de rentrer de plein pieds vers l'émergence d'une émocratie généralisée ?
Que les tibétains puissent souffrir de l'évolution actuelle de leur culture, c'est un fait. Que les chinois ait fait des progrès en terme de respect des droits de l'homme, cela en est un autre, qu'on le veuille ou non.
Que l'occident mette la pression sur la Chine, pour que l'empire du milieu presse ses réformes, nul ne peux s'en plaindre, et tel est son rôle.
L'occident ne devrait pas oublier de condamner les violences tibétaines, en même temps que les violences de l'état chinois, son message, à l'encontre du gouvernement de Pékin, n'en serait que plus efficace.
Mais n'oublions pas que la Chine est un champs de braises, est que l'impératif de l'état chinois est de garder l'unité nationale, afin d'avancer structurellement dans la répartition des fruits de la croissance, comme les lois qu'il promeut chaque année semble le prouver.
Conservons donc notre attitude à l'encontre de l'état chinois, sans tomber dans la stigmatisation populiste, est la Chine avancera vers la voie démocratique qu'elle aura choisi...
Car "La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures." Noam Chomsky, ne l'oublions pas...
19 mars 2008
Les Hutongs "胡同" de Pékin
C'est en me balladant dans Pékin en Décembre dernier, que j'ai découvert, ce dont tout les petits touristes m'avaient compté... Le charme des Hutongs de Pékin...
Les Hutongs "胡同" ou petite ruelle de Pékin, rassemblent d'innombrables Siheyuans "四合院", c'est à dire des maisons traditionnelles chinoises constuites autours d'une cour carré et fermée, en parfait accord avec les principes du feng shui " 风水 " (à savoir une entrée plein Sud, un puit et un jujubier au milieu de la cour, une répartition de la famille calculée en fonction de la hiérarchie familiale, etc...).
Le principe de construction des Siheyuans est à la base de tous les modèles architecturaux traditionnels en Chine : résidence, bureaux, palais, temples, ou autres monastères...
La développement et l'émergence de cette forme architectural a vu le jour lors de la Dynastie des Zhou, entre 1046 et 256 avant Jésus-Christ.
La plupart des Hutongs ont été formés en joignant les Siheyuans les uns aux autres, et ainsi de suite afin de former la ville de Pékin. A l'époque la définition des rues et des ruelles était très strict et la dimension des Hutongs s'établissait entre 1 mètre et 9 mètres de large.
Si à l'époque, les Siheyuans de l'Est et de l'Ouest du Palais Impérial étaient habités par les riches commerçants, et les officiels du régime. Ceux du Nord et du Sud, abrités les familles des marchands, des artisants et des ouvriers de la Cité Impériale.
Les Hutongs pékinois datent pour la pluspart de la Dynastie des Ming, entre 1368 et 1644 après Jésus Christ. L'existence de ces ruelles constitue ainsi un patrimoine de l'humanité indiscutable et attise la curiosité et l'admiration de tous les touristes chinois ou étrangers de passage dans la capitale de l'Empire du Milieu.
Les Hutongs, qui abritaient les plus somptueuses et verdoyantes cours intérieurs des maisons de la noblesse chinoise, ont connus de grands bouleversements après l'éffondrement de la Dynastie des Qing, entre 1644 et 1912 après Jésus Christ.
En effet la fin de la dynastie des Qing, engendrant l'effondrement du système féodal et de la stratification social attenante, a eu pour effet une véritable déstructuration de la jusqu'alors stricte répartition sociale de l'habitat des Hutongs.
Durant la période de la République de Chine, de 1912 à 1949, à cause des guerres civiles et autres invasions étrangères, Pékin a vu ses conditions de vie, mais aussi l'état de ses Hutongs se détériorer.
Tant et si bien que les Siheyuans, autrefois occupés par une seul famille, se sont vu divisés et partagés entre plusieurs propriétaires, les constructions des nouveaux Siheyuans s'effectuant avec les moyens du bord et avec moult improbables matériaux de construction. Les 978 Hutongs répertoriés durant la dynastie Qing sont passés à 1330 à l'aube de l'établissement de la République Populaire de Chine en 1949.
C'est après la création de la République de Chine en 1949, que les hutongs les plus nobles ont étaient collectivisés en masse, et qu'ils ont été divisés à l'endroit de nombreuses familles populaire. Pour faire face à l'insalubrité des lieux, l'administration de Mao, a décidé de créer des latrines communes dans chaque ruelle, parfum socialiste qui donne encore aujourd'hui aux Hutongs un charme unique.
Depuis quelques années les travaux de modernisation de la capitale de l'empire du milieu, provoquent de nombreux débats dans la population chinoise, et sont à l'origine de nombreuses manifestations de mécontentements de la part des riverains.
C'est ainsi que pour la seule année 2004, le Comité de Construction de la Municipalité de Pékin a détruit plus de 250.000 mètres carrées de vieilles batisses, délogeant pas moins de 20.000 propiétaires.
Depuis la fièvre continue et les Jeux Olympiques de Pékin 2008, sont l'occasion d'accélèrer le mouvement. Occasion pour de nombreux promoteurs immobiliers de faire quelques opérations très lucratives sur le dos des habitants des Hutongs, en remplacant la populace par officiels du régime, riches hommes d'affaires, ou stars de cinéma, sans oublier les nombreuses boutiques de luxes; qui iront bientôt peuplés de luxueuses tours, plus modernes les unes que les autres.
Bien entendu comme l'habitude prévaut en Chine, les problèmes d'indemnisation sont nombreux et la colère monte dans les ruelles de Pékin. De quoi donner quelques sueurs froides au gouvernement central qui ne compte plus les signes de protestation de sa population, qui tel un petit vent de liberté commencent à souffloter sur le pays.
Cela dit, si nombre d'historien, d'amoureux des Hutongs et de nostalgiques crient à la spoliation culturelle, de nombreux habitants sont heureux de pouvoir quitter ses lieux de vie précaire, ou l'absence de toilette, l'isolation douteuse, la promiscuité, et un chauffage au charbon souvent meurtrier, leurs rendaient la vie des plus difficile.
Plus que la mort de quartiers à l'architecture d'un charme indiscutable, d'une histoire plus que centenaire, et d'une finesse culturelle attirante. Il semble que ce qui disparaît avec ces quartiers, ce sont ces relations sociales, cette vie communautaire, ce peuple simple et souvent riche d'humanité, qui peuple encore le coeur de Pékin et qui offre à tout un chacun de ces petits moments de bonheur, que seul ces quartiers peuvent offrir. Peuple qui se verra beintôt habiter dans d'énormes tours de bétons sans âme, aux lisières de la capitale.
Et même si de nombreuses zones restent protégées par des arrêtés de la Municipalité de Pékin, fort est de parier qu'ils se transformeront bientôt en Riad Marrakechois, pour fortunés de tous les horizons souhaitant s'offrir un coin de paradis en Chine Impopulaire. Paradis chèrement payé et de moins en moins accessible pour les camarades de la Chine Socialiste de marché d'aujourd'hui.
05 décembre 2007
De la grippe aviaire à Nanjing
La grippe aviaire est de retour en Chine, et plus précisemment à Nanjing...
Le 3 décembre un jeune homme de 24 ans succombait ainsi à une insuffisance respiratoire, après être entré à l'hôpital quelques jours auparavant, le virus du H5N1 de la grippe aviaire ayant été détecté après son décés.
Ainsi même si les autorités et le département de la santé affirment que le jeune homme n'avait eu aucun contact avec de la volaille. Aux vues de la situation des marchés en plein air, quelques doutes peuvent subsister...
Et même si le bureau vétérinaire et de l'élevage du Jiangsu affirme qu'aucune épidémie de grippe avaire n'avait été constatée dans la province à ce jour, présageons que ce soit toujours le cas dans les mois à venir...
22 août 2007
Champs de briques
Me voilà donc arrivé à Xi'An, celle qui sera ma ville de résidence pour les 9 prochains mois.
Comme à chaque arrivée dans une nouvelle contrée, un tour du locataire s'impose, afin de découvrir le quartier, les endroits sympas et stratégiques, ainsi que pour faire de nouvelles connaissances...
J'habite dans le sud de la ville, dans le quartier des universités, près de ce qu'on appelle la pagode de la grande oie sauvage de Xi'An, Dayanta (大雁塔).
Autours de cette pagode, qui est en fait une tour, s'étendent de vaste espaces au sud, destinés à devenir un centre touristique, commerciale et résidentiel pour nouvelles fortunes, de très grande ampleur. Tout de rouge et d'architecture traditionnelle revêtus, les bâtiments sortent ainsi de terre à une vitesse impressionnante, comme il est d'usage en Chine...
C'est en m'éloignant un peu de cet endroit, encore plein de touristes en cette fin de journée du mois d'août, que je suis arrivé dans un champs de briques, d'une dimension dépassant l'entendement...
Par champs de briques, j'entends ces endroits, qui rasés pour faire place aux projets et aux investissements immobiliers en tout genre, rassemblent quelques chercheurs de briques, avant le début des terrassements.
En effet la brique, matière première de la construction chinoise, et aussi très célèbre pour ces fabriques esclavagistes, attire aussi quelques couples de chinois, non moins attirés par l'aspect romantique de la place, que par les trésors souterrains.
A l'aide d'instruments évidemment très primaires, ces couples de chinois arborant la quarantaine, s'efforcent de creuser dans les fondations, des anciennes demeures pour y extraire l'or rouge, j'ai nommé la brique...
Forts de bouts de tissus, pour se protéger du soleil, qui s'est gentiment écrasé toute la journée sur cette espace sans ombres, leurs mines guillerettes à mon approche permet d'engager quelques discussions.
Tous très contents de se faire tirer le portrait, leurs sourires m'entraînent à leur répondre avec le mien...
Un homme un peu plus ancien, au cheveux déjà bien grisonnants, me dira même sa joie de savoir son portrait traverser les frontières, et invita sa compagne à ses côtés pour une seconde photographique...
Tandis que de l'autre côté du petit mur, la pelouse fraîche et verdoyante contraste irrémédiablement avec ce paysage de désollation qu'est le champs de briques...
Enfin un camion aux trois roues plein de véhémence s'attaquera à la traversé d'un chemin de terre, et trop proche de l'ornière se penchera doucement dans l'orifice pour ne pas pouvoir y ressortir...
En quelques secondes quelques visages s'approchent, débattent et passent quelques coups de fils, avant de repartir à la tâche... Il est 18h45.
10 août 2007
Passage
Regard tendu, clapotement de l'eau sur les bâches, brumes matinales, nacrées de soleil. Muscles sertis de perles humides, crasse dévoilée par fragrances involontaires. Jambes meurtries, lignes sur la route, rues silencieuses mais mouvantes. Les cheveux se dévoilent sous le bonnet de laine, vieux comme Hérode.
Peintures écaillés et couleurs qui s'érodent. Claquements discrets des chaînes, tractions ininterrompus. Sueurs salvatrices qui recouvrent le visage et les bras, nus sous une redingote, l'homme a le regard hagard.
Soudain la voie se dérobe et d'un geste mécanique, la direction se fait changeante, et puis stop.
Le souffle haletant, il descend sur terre d'un pied serein. Le tricycle lui s'est tu.
22 juillet 2007
Pastèques et compagnie
Alors que le mois de Juillet est déjà bien entamé dans l'est de la Chine comme ailleurs, la saison des pastèques touche presque à sa fin pour laisser la place aux abricots, aux pêches et autres Prunoideae.
En ce qui concerne la pastèque, sa saison de prédilection qui s'étend de Juin à Juillet reste la saison fruitière la plus impressionnante à vivre à Nanjing. De tous les recoins de la province du Jiangsu et d'ailleurs, les camions, semi-remorques, motoculteurs, tricycles, et autres moyens de locomotions se ruent vers la métropole pour envahir les rues et ruelles de l'ancienne capitale chinoise.
La pastèque, cette magnifique ambassadrice de la famille des cucurbitaceae s'est octroyée, et de loin, la première place dans le coeur des chinois. Produit en masse, la pastèque ou xigua "西瓜" pour melon de l'ouest, demeure le fruit de masse par excellence.
Si la Chine aime la pastèque, celle-ci le lui rend bien, car avec 69 315 000 de tonnes et oui, 69 millions de tonnes de pastèque, produit en 2005, l'empire du milieu reste le premier producteur mondial de ce cadeau offert au monde par l'Afrique.
Qu'il s'agisse des boîtes de nuit, des échoppes branque-balantes, des buibuis et autres salons de massage, la pastèque est toujours au rendez-vous. Se dégustant dans les situations les plus banales comme les plus incongrues, la pastèque passe de main en main pour finir par délecter les lèvres et les bouches de tout un chacun, alors que la chaleur estivale bat son plein.
Surprenant certains des personnages, qui peuplent le décors de mon lieu de vie, la pastèque à la main, je me suis donc rendu compte de l'importance de cette petite boule, qui parfois peut-être sacrément grosse. Dans certaines mains, en train de monter en groupe les escaliers de mon splendide immeuble des années 80, ou encore s'engoufrant dans la bouche d'un chauffeur de Chang Jiang (une moto) en pleine vitesse, la populaire citrullus lanatus n'en a pas fini de créer l'envie dans les yeux et les bouches de tous mes voisins, ainsi que dans les miens.
Ainsi les paysans ou les négociants venus par groupe de deux ou trois, en camions plus ou moins grands, s'installent dans toutes les rues de la ville, pour offrir aux passants le fruit de leur travail, non sans contre-partie bien entendu. Le jin "斤", qui équivaut à 500 grammes, se négocit ainsi à 4 ou 5 jiao "角" ( à peu près 4 ou 5 centimes d'Euros). Dormant dans les rues, sur le sol ou sur le toit de la cabine de leurs camions, les paysans et les négociants de pastèques, s'installent ainsi pour une durée indeterminée, jusqu'à ce qu'ils aient vendus la totalité de leur cargaison, avant de rentrer dans leurs villages respectifs. Etrange impression que de se voir négocier à la lueur d'une bougie, dans la pénombre d'une ruelle, une petite pastèque avec un femme aux mains usées, vous parlant avec le plus beau sourire du monde, dans un dialecte pour le moins incompréhensible...
Face à tant de flashs émotionnels, je me souvins aussi de cette petite région qu'il m'a fallut traverser lors d'un périple solitaire en bicycle dans l'est du Jiangsu. Le long de la route, s'étendaient ainsi à perte de vue des bâches en plastiques recouvrant des milliers d'hectares de fruits et légumes de tout calibres et de toutes catégories. Aux effluves de pesticides et d'engrais venait ainsi s'ajouter la douce odeur de l'essence en fumée, que projetait avec délicatesse un vieux tracteur à la peinture écaillée par le temps, qu'il fallut que je dépasse, non sans peine. Tristesse et désolation dans cette région bordée par la mer jaune et de nombreuses fermes piscicoles. Je me souvins aussi de ce village, paumé entre les bâches, où je dû m'arrêter pour assister au chargement de ces fameuses pastèques, mais surtout pour demander mon chemin, et où j'avais répondu aux habitants, qui comme à chacun de mes arrêts s'étaient regroupés autour de moi pour me saluer et pour partager un petit moment de vie en ma compagnie, que leur région était presque unique et qu'elle ressemblait beaucoup à l'Espagne, de l'arrière pays d'Almeria il s'agissait en fait...
Encouragé par son poids et par l'eau qu'elle absorbe, pour ne la rendre que dans la gorge des gourmants, les paysans ont développés de grands projets autours de la pastèque et espèrent en tirer le maximum de profits, voir de graines... Mais la graine de pastèque étant l'accompagnement idéal des chinois pour l'apéritif... Cela est une autre histoire...
09 juin 2007
Flickr and the Great Firewall
English :
If you can not access to your photos in the website Flickr.com from China, You can download Firefox in the following page :
www.mozilla.com/en-US/firefox/all.html
Then Install firefox, and use firefox to vist:
addons.mozilla.org/en-US/firefox/addon/4286
Then you just have to install the add-on "Access Flickr", and to reboot Firefox.
You can aslo dowload another add-on:
addons.mozilla.org/en-US/firefox/addon/2864
Then you can visit Flickr ,google cache,and wordpress blog pages in China.
Long life to Mozilla Firefox and good surfing in China...
Français :
Depuis une semaine le site d'échange d'images, Flickr.com connait quelques problèmes en Chine.
En effet depuis la Chine, il est impossible d'accéder aux images de ce site, un comble pour un site d'échange de photos en ligne...
Mais quelques experts ont trouvé la parade grâce à Mozilla et à un petit Add-on bien pratique... A télécharger ici :
addons.mozilla.org/en-US/firefox/addon/4286
Et pour les autres sites bloqués par le grand firewall chinois, un autre add-on est disponible à l'adresse suivante :
addons.mozilla.org/en-US/firefox/addon/2864 celui-ci vous permettra de visiter les blogs wordpress ainsi que google cache et d'autres sites web...
Alors bonne continuation et longue vie à Mozilla Firefox...













































