28 juin 2009
L'image de la semaine-archive n°47
Chine : Le 27 Janvier 2009 à 20h21 à Hei Chi Zhen, à 1368 km à l'Ouest de Shanghai.
24 juin 2009
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front.
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime.
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
C'est le prophète saint prosterné devant l'arche,
C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.
Inutiles, épars, ils traînent ici-bas
Le sombre accablement d'être en ne pensant pas.
Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule.
Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule,
Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non,
N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ;
Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère,
Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère,
Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus,
Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus.
Ils sont les passants froids sans but, sans noeud, sans âge ;
Le bas du genre humain qui s'écroule en nuage ;
Ceux qu'on ne connaît pas, ceux qu'on ne compte pas,
Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.
L'ombre obscure autour d'eux se prolonge et recule ;
Ils n'ont du plein midi qu'un lointain crépuscule,
Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit,
Ils errent près du bord sinistre de la nuit.
Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière
Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière,
Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va,
Rire de Jupiter sans croire à Jéhova,
Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme,
Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme,
Pour de vains résultats faire de vains efforts,
N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts !
Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères,
Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires,
Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ;
Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités,
Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues,
Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues !
Victor Hugo - Recueil : Les châtiments.
05 mai 2009
La lumière du blé
"Je me suis battu pour préserver la qualité d'une lumière, bien plus encore que pour sauver la nourriture des corps. Je me suis battu pour le rayonnement particulier en quoi se transfigure le pain dans les maisons de chez moi. Ce qui m'émeut d'abord, de cette petite fille secrète, c'est l'écorce immatérielle. C'est je ne sais quel lien entre les lignes d'un visage. C'est le poème lu sur la page - et non la page.
Elle s'est sentie observée. Elle a levé les yeux vers moi. Il me semble qu'elle m'a souri... ç'a été à peine comme un souffle sur la fragilité des eaux. Cette apparition me trouble. Je sens, mystérieusement présente, l'âme particulière qui est d'ici, et non d'ailleurs. Je goûte une paix dont je me dis : "C'est la paix des règnes silencieux..."
J'ai vu luire la lumière du blé."
Antoine de Saint-Exupèry, Pilote de guerre.
29 mars 2009
L'image de la semaine-archive n°46
Chine : Le 2 Janvier 2007 à 15h53 à Nanjing, à 300 km à l'Ouest de Shanghai.
04 janvier 2009
新年快乐!
Bonne Année !
Happy New year !
Frohes Neues Jahr !
Dewenati !
Lainingu naujuju metu !
Prospero Ano nuevo !
Felice Anno nuovo !
Yeni yiliniz kutlu olsun !
新年快乐!
My postcard for you..., Ma carte de voeux pour vous..., Meine Grüßkarte für Sie... :
Une autre facon de voyager... www.ecosentour.org
Mes meilleures photos de l'année 2008 :
www.flickr.com
13 décembre 2008
L'image de la semaine-archive n°45
Chine : Le 1 Août 2008 à 17h49 à Xi'An, à 1104 km au Sud-Est de Pékin.
02 décembre 2008
Ce que peut un homme seul ?
Texte extrait de l'article écrit par le philosophe européen Slavoj Zizek dans Le Monde du 3 Juin 2008 :
"Il a compris que l'histoire ne change pas d'elle-même. Inutile de croire que les autres s'en chargeront. Mine de rien, c'est une grande leçon. Car nous avons cru et répété, depuis des décennies, que l'histoire avançait toute seule. Avec Hegel, avec Marx, avec Bourdieu et tant d'autres, nous étions persuadés que la course du monde n'était affaire que de structures - économiques ou symboliques, sociales ou psychiques, géographiques ou politiques. Ces structures pouvaient se combiner à l'infini, mais le moteur était toujours du collectif, de l'objectif et de l'impersonnel. Ce n'étaient plus les individus qui faisaient l'histoire.
On avait donc fini par oublier combien les rouages du temps peuvent être perturbés par des grains de sable, de petits bonshommes isolés, imprévus, obstinés. Au départ sans soutien, sans crédibilité, sans argent. Pourvus seulement d'une manière singulière de penser et d'agir tout ensemble, car ces hommes seuls ne sont ni des contemplatifs ni des praticiens : ils s'activent conformément à leurs idées, ils réfléchissent en raison de leurs actes. L'essentiel ? Qu'ils ne lâchent pas. Qu'ils suivent leur chemin, lequel ne figure sur aucune carte avant qu'ils ne le tracent.
Ce que peut un homme seul ? Ramer à contre-courant, découvrir de l'insoupçonnable, défaire des pesanteurs, créer dans le flux du monde d'infimes bifurcations qui peuvent, de proche en proche, en modifier de grandes parties. Reviennent ainsi, dans la grande histoire, des bribes de hasard, d'aléa, des initiatives imprévisibles et neuves. Encore faut-il, pour qu'elles ne restent pas sans lendemain, que l'homme seul ne le reste pas indéfiniment. C'est là que tout se joue."
Parceque nous ne sommes plus seul, je voudrais tout simplement dédier ce texte a Samba Gnane, professeur de Philosophie au Lycée des Parcelles Assainies de Dakar, Président du GIE NQEL JAB, co-initiateur du projet ECOSEN et surtout un de mes amis les plus précieux.
23 novembre 2008
N comme Napeléon III
Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France,
de l’Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant
créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est
le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.
L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui
brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent,
l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut
qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit
et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est
impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y
ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au
nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui
du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé ».
Victor HUGO,
dans » Napoléon, le petit «
Réédité chez Actes Sud
L'image de la semaine-archive n°44
France : Hiver 2000 à Bar-les-Buzancy, à 77 km au Nord-Est de Reims.
26 octobre 2008
Réponse à la ''Lettre d’un jeune précaire français à son ami sénégalais'' publiée par M. Gaël Lombart sur le site Rue89
Réponse à la ''Lettre d’un jeune précaire français à son ami sénégalais'' publiée par M. Gaël Lombart sur le site Rue89 :
http://www.rue89.com/2008/10/17/lettre-d-un-jeune-precaire-francais-a-son-ami-senegalais
Bonjour Gaël,
Tout d’abord et puisqu’on ne se connaît pas, je voudrais me présenter.
Je suis Julien Potron, je viens de terminer mes études en Chine et j’ai commencé à travailler à Shanghai depuis quelques semaines. Il y a de nombreuses années, alors que j’étais étudiant à Montpellier, j’ai monté un petit projet pour venir en aide, dans la mesure du possible à des amis sénégalais.
C’est en 2003 qu’avec l’aide de camarades de classe, nous avons monté une association loi 1901 en France; association grâce à laquelle nous avons envoyé des livres, des fournitures scolaires et des ordinateurs à un collège du Sénégal (à Ndiaganiao dans le département de Mbour).
Ayant constaté la quasi inutilité de notre action, dans la mesure où il revient normalement à l’état d’entreprendre ce type d’action, mais aussi parce que cela ne permettait certainement pas d’enrayer quelque problème existentiel que ce soit, j’ai changé mon fusil d’épaule et après avoir rencontrer un professeur de philosophie inspiré et très actif, je me suis lancé dans une autre action.
Samba Gnane, le professeur de philosophie en question avait monté dans son village natal un GIE Communautaire, dénommé NQEL JAB (pour « jeunes architectes du bien » en langue sérére). Ce GIE NQEL JAB se débrouillait tant bien que mal pour gérer et distribuer des micro-crédits à ses membres, afin qu’ils puissent subvenir aux besoins essentiels (nourriture, frais médicaux, scolarité, semences et vaccination du bétail).
(http://guejopaal.e-monsite.com/rubrique,nos-partenaires,59243.html)
De retour en Europe (puisque je suis parti en Allemagne continuer mes études), je me suis lancé à la recherche de fonds, en montant des pièces de théâtre de rue, ou en organisant des soirée culturelles. Grâce à ces fonds nous avons pus fournir un capital de garantie, permettant d’octroyer plus de crédits aux membres du GIE, mais aussi de pallier au problème du non-paiement, dû à plusieurs facteurs (comme des funérailles dans la famille, ou encore la famine qui à sévit au milieu des années 2000, lors de l’invasion des criquets pèlerins).
Notre collaboration s’est aussi accrue lorsque j’ai mis en place des classeurs de gestion, destinés aux différents responsables alphabétisés des groupes du GIE (il y en a 17, à ce jour). Enfin l’un des axes de développement, que nous avons défini lors d’une AG du GIE, fut le lancement de projets de développement économique (car les micro-crédits ne suffisent pas à développer l’économie des villages concernés).
Ces projets principalement misent en place à l’attention des jeunes et des femmes, ont pour objectif d’enrayer le phénomène du chômage et de l’inactivité - bref de la misère (source des tragédies humanitaires que nous connaissons bien). Après avoir créé un grenier à mil, permettant aux villageois de se mettre à l’abri des spéculations céréalières, nous avons créé une activité de tourisme, dont une partie du chiffre d’affaire est reversé au GIE NQEL JAB, puis grâce à des partenaires belges, le GIE a créé des poulaillers et s’est lancé dans un petit élevage, enfin nous aimerions lancer un projet de maraîchage, permettant de fixer la jeunesse des villages chez eux.
En ce qui concerne notre structure de tourisme, celle-ci s’appelle ECOSEN, et nous avons un site Internet :
Cette structure, a déjà accueillis quatre groupe de 2 à 3 personnes depuis 2 ans, et le retour de la part des touristes est plus qu’encourageant. Ce qui fait vraiment plaisir à l’ensemble des personnes partie-prenante du projet.
Mais pourquoi est-ce que je vous écris me direz vous?
La raison est assez simple, les programmes que nous proposons aux touristes les emmènent presque toujours dans les îles du Saloum. J’aimerai donc en savoir plus sur votre ami Abdou, qui est guide de temps à autre. En effet j’espère que le bouche à oreille fonctionnera dans le futur et que ECOSEN, pourra gérer plusieurs groupes de touristes (en bed&breakfast chez l’habitant), et donc qu’un besoin se fera sentir en terme de guide et d’infrastructure au Saloum…
Pris par mes activités, je gère actuellement ECOSEN depuis la Chine, situation parfois cocasse puisque les touristes viennent du Canada, de France ou de Belgique, ce qui m’efforce à quelques calculs de décalages horaires…
Je ne vous cache pas qu’au niveau de nos activités de développement, c’est le plaisir qui guide mes pas, tandis que c'est bien la nécessité qui guide ceux de mes amis sénégalais. Le dialogue que nous entretenons est riche en enseignement et rempli de fierté les membres du GIE, même si un long chemin reste à parcourir.
Et puisque vous notez à la fin de votre article « Si nous ne nous battons pas, je continuerais à te dire que je n’ai pas le temps et tu continueras à m’en demander. », je vous propose donc d’encourager Abdou et ses amis, à s’organiser et à ne pas attendre, puisqu’à l’inverse de ce que vous avez écris « Vous, les Africains, vous êtes fatalistes. », il n’y a de fatalité que si elle est acceptée, et le peuple africain que je connais est loin de se résoudre à toute sorte de fatalité que ce soit.
Je ne sais pas ce que vous pensez de nos activités, ni même si vous répondrez à ce courriel. Mais sachez que je me ferais un plaisir de répondre à vos questions.
Avec mes meilleures salutations.
Bien cordialement.
Julien Potron.











