23 août 2008
Les tribulations d'un Vouzinois en Chine - Episode 2
Article de Audrey Benzaken, un journaliste du journal L'union de Vouziers (Ville du département français des Ardennes) :
Exilé en Chine depuis deux ans, l'étudiant Julien Potron, livrait dans notre édition d'hier, son vécu des JO. Entre fête et tension, second volet du carnet de route d'un Vouzinois à Pékin.
L'organisation des jeux Olympiques satisfait-elle les Chinois que vous avez rencontrés ?
«Les Chinois ne font pas de commentaires spécifiques sur l'organisation des JO, tant ils n'ont jamais douté de leur bonne tenue. Un groupe de jeunes propagandistes scandait déjà « nous sommes prêts » dans les médias locaux, au début du printemps dernier.
La livraison des installations olympiques s'est aussi faite très tôt. Et cela n'a pas surpris en Chine, où on est habitué à voir des buildings sortir de terre en moins d'un an, ou encore des villages se transformer en lac et en parc de loisirs en moins de 3 mois. Au lendemain de la cérémonie d'ouverture, les journaux n'ont d'ailleurs pas caché leur fierté, ainsi le China Daily (journal officiel de langue anglaise) titrait : « Celebration Time » (Le Temps de la Célébration).»
Quelles disciplines font le plus vibrer la population ? Des pronostics ?
«En Chine, grâce au succès en NBA du basketteur Yao Ming (2,29 m), le basket reste le sport populaire le plus suivi. Le match Chine-USA a rassemblé les foules et malgré le score sans appel en faveur des USA 101-70, les Chinois en amateurs du beau jeu, n'ont pas boudé leur plaisir.
L'une des compétitions qui sera la plus suivie sera sans aucun doute la finale du 110 mètres haies, avec Liu Xiang, l'autre héros national, champion du monde et champion olympique en titre d'une discipline, où les Asiatiques sont plutôt rares à briller. Bien entendu, les épreuves de ping-pong et de badminton, en tant que sports les plus pratiqués en Chine, seront elles aussi très suivies par les téléspectateurs.»
Avez-vous noté des réactions face à l'absence de certains représentants étatiques à la cérémonie d'ouverture ?
«C'est plutôt la présence de Sarkozy qui a fait débat dans les chaumières en Chine, tant il n'était vraiment pas le bienvenu… (88 % des internautes chinois sondés avant la cérémonie ne souhaitaient pas sa venue).»
Qu'en est-il des manifestations en faveur des Tibétains et des droits de l'Homme ?
«Comme on devait s'en douter, cela n'a pas voix au chapitre en Chine, où la question tibétaine apparaît pour l'instant réglée (jusqu'aux prochaines émeutes…). Ce qui fait plus peur à la Chine en ce moment, ce sont les menaces terroristes de groupuscules ouïgours (d'autres indépendantistes), qui ont déjà frappé depuis le début du mois, tuant plus d'une vingtaine de personnes en trois attentats. Quant aux droits de l'homme, la question ne se pose jamais en ces termes en Chine. La grande majorité des Chinois, ne font pas de politique. S'ils ont une activité professionnelle normale, ils se sentent libres, se plaignent rarement et profitent de plaisirs simples pour se réunir. La question des activistes en prison ne fait pas débat, car ils sont totalement inconnus du grand public. Enfin, la peine de mort est assumée face au problème de la surpopulation.
La démocratie n'est pas forcément un système auquel aspirent les
Chinois que je rencontre tous les jours, même s'ils aspirent tous à
plus de justice sociale, à moins de corruption, à moins de pollution et
à un meilleur pouvoir d'achat…
Bien des similitudes avec les revendications des peuples du monde entier.»
Article paru dans L'union du 15 Août 2008
Sarkozy dans le collimateur
Article de Audrey Benzaken, un journaliste du journal L'union de Vouziers (Ville du département français des Ardennes) :
« Les chinois continuent de considérer les Français comme des amis et
ne font jamais de remarques désagréables vis-à-vis de la France, tant
l'étiquette et la bonne conduite sont de rigueur dans ce pays.
Cela
dit, ils ne se privent jamais de critiquer Sarkozy et de s'étonner de
son ignorance et de son manque d'éducation… Faisant une certaine
unanimité dans la communauté française de ce côté de la planète.
En
fait, c'est l'engagement du président français, pris fin 2007 en Chine
de venir, puis toutes les tergiversations qui ont suivi, qui ont
provoqué ces réactions.
En revenant sur une décision officielle
prise l'année passée devant la Chine entière, Sarkozy a perdu la face.
Sa technique de chantage fut aussi considérée comme ridicule, tant le
problème tibétain est considéré comme un problème de politique
intérieure.
Imaginons le président tchèque faisant un chantage à la
France dans sa négociation avec les Corses, pour assurer sa venue aux
JO de 2020… Même si la comparaison semble ridicule, le sentiment
d'offense faite au peuple chinois fut de cet ordre-là.
Autant dire
que notre coq s'est fait brûler les ailes par un dragon - plutôt
sympathique à son égard auparavant - qui ne s'est pas forcé pour
cracher ses petites flammes (olympiques…). »
Article paru dans L'union du 15 Août 2008
Le Tibet interdit
Article de Audrey Benzaken, une journaliste du journal L'union de Vouziers (Ville du département français des Ardennes) :
Pékin, Shangai, Xi'An ou encore villages de la campagne chinoise… Fort
de sa maîtrise de la langue locale, Julien Potron se montre volontiers
baroudeur.
Seulement le jeune homme de 24 ans a dû renoncer aux charmes du Tibet.
«
J'avais essayé de me rendre en bus dans le petit village Tibétain de
Xiahe (dans la province du Gansu) il y a deux semaines », conte-t-il.
«
Résultat des courses : interdiction formelle de pénétrer les
territoires tibétains du Gansu pour les étrangers jusqu'à nouvel ordre.
Et j'ai, depuis, entendu de nombreux étrangers se plaindre de la même
situation.
Car si la province du Tibet est rouverte, la région
tibétaine (bien plus vaste que la province), elle, n'est toujours pas
rouverte… »
Article paru dans L'union du 15 Août 2008
14 août 2008
Les jeux Olympiques vus par un vouzinois - Episode 1
Article de Audrey Benzaken, une journaliste du journal L'union de Vouziers (Ville du département français des Ardennes) :
Julien Potron vit en Chine depuis
deux ans (notre édition du 22 avril). En pleins JO, il nous livre ses
observations sur ce pays en fête. Premier volet du carnet de route d'un
Vouzinois expatrié.
Où avez-vous passé la cérémonie d'ouverture des JO ?
« J'ai vécu la cérémonie à Shanghai. Je suis resté une petite heure
devant un écran géant, avec des amis. Pendant ce temps, un Chinois se
tourne vers nous et, apparemment ivre, nous annonce qu'il est métisse
sino-japonais, mais que son cœur balance vers la Chine (quand on
connaît les relations sino-japonaise, on se dit que cela ne doit pas
être facile tous les jours). Mais qu'importe, nous sympathisons, malgré
l'alcool qui semble faire son effet chez ce jeune. La soirée passe. »
Et l'atmosphère de cette soirée ?
Photo : Marco de Mutiis.
« Ovations et applaudissements à la vue de Hu Jintao (NDLR : le président chinois). Beaucoup jugent les tenues des équipes nationales. Un collègue états-unien d'Amérique me suggère que les membres de la délégation Nord-américaine rentreront en tenue de G.I. Puis George W. Bush passe à la télévision. Il est hué par le public, américain et européen en majorité. Puis vient le tour de la délégation chinoise, standing ovation «Zhongguo Jiayou !» qui signifie «Allez la Chine !». Notre collègue sino-japonais s'improvise tribun et motive la foule, qui s'en donne à cœur joie. »
Comment et où vivez-vous ces JO ?
« Durant les JO, je serai entre Shanghai, la capitale économique
chinoise à l'est de la Chine et Xi'An, la capitale historique au centre
de la Chine. Je compte également me rendre durant la prochaine semaine
dans des villages du centre de la Chine. Une manière de tâter le pouls
de la Chine laborieuse, qui passera sans aucun doute à côté des
projecteurs olympiques. Mais qui possède tout de même la plus grande
part de responsabilité dans la réussite de ces JO.
Quelles personnes forment cette Chine laborieuse ?
« Ce sont les ouvriers paysans (mingong) prestement invités à
déguerpir de Pékin avant les JO, ou encore les mineurs, qui ont
multiplié la production du charbon par plus de 2.5 depuis 7 ans. Ils
permettent à la Chine d'économiser du pétrole, mais pas le gaz à effets
de serre. Je citerai aussi ces millions de paysans chinois qui, armés
de leurs faucilles, continuent à alimenter le quart de l'humanité. »
Quelle est l'ambiance autour de vous ? Ressent-on une atmosphère
particulière au sein de la population chinoise depuis le début des JO ?
« Dans une ville comme Shanghai, l'ambiance est au travail, même si la capitale économique accueille quelques compétitions. Les gens continuent leur vie le plus normalement
possible. Ayant interpellé quelques commerçants qui regardaient un
feuilleton, je leur ai lancé : « alors les Jeux ? Vous ne les regardez
pas ? » Ceux-ci m'ont répondu en cœur : « On se repose un peu ! »
Et à Pékin ?
« Je m'y suis rendu quelques jours avant les JO et l'ambiance est à
la sécurité ! Jamais je n'avais vu de tels déploiements de forces de
l'ordre en Chine, malgré leur visibilité permanente tout au long de
l'année. Je dois dire qu'ils ont fait très fort. »
Et Xi'An ?
« Là-bas, les JO n'ont lieu qu'au travers de la télévision, de la
radio et des journaux. Il ne semble pas y avoir plus de touristes qu'à
l'habitude (NDLR : Xi'An abrite les fameux guerriers de terre cuite).
Beaucoup semblent être venus tout spécialement pour les JO, à
l'image de ce groupe d'une vingtaine de jeunes de la région parisienne
faisant un crochet par Xi'An avant d'aller encourager, à Pékin, la
judoka Lucie Décosse. »
***
Des étudiants sous influence…
« Pendant la cérémonie, le métisse sino-japonais s'est faufilé
derrière l'écran muni d'un couteau. Et après avoir insulté les
étrangers, l'homme a coupé le câble d'alimentation de l'écran géant.
Explosion puis extinction instantanée. L'homme s'est fait poursuivre
par des membres de la sécurité. Tandis que je prends quelques photos,
la police arrive en moto pour le neutraliser. Des jeunes étudiants
chinois affolés s'approchent de moi et me lancent de ne pas prendre de
photos et de ne surtout pas les mettre sur Internet. Un jeune plus
excité que les autres m'ordonne de respecter la Chine. Plus tard, un
membre de la sécurité demande gentiment aux étudiants de me laisser
tranquille.
L'explication à ce mouvement de panique tient à ce que les
étudiants vivent en internat depuis le collège. Ils subissent un
entraînement militaire au début de chaque semestre, et bénéficient de
clubs de propagande durant leur scolarité. Ils sont de loin les
personnes les plus naïves et infantilisés par le gouvernement.
Certes les exceptions existent, mais il est toujours frappant de
constater à quel point le nationalisme, les discours simplistes, et les
idées reçues ont un tel impact sur la jeunesse. Au-delà de la question
des droits de l'homme, ces comportements sont bien plus à craindre pour
l'avenir de la Chine. »
PHOTO : Selon
Julien Potron, les Occidentaux constatent, depuis les événements de
mars dernier, l'influence de la propagande auprès de la population qui
veut renvoyer à tout prix l'image d'un pays parfait.
Article paru dans L'union du 14 Août 2008
11 août 2008
L'image de la semaine-archive n°41
Chine : Le 6 Août 2008 à 16h42 à Xi'An, à 1104 km au Sud-Est de Pékin.
04 août 2008
L'image de la semaine-archive n°40
Sénégal : Le 22 Février 2008 à 10h02 à Loumatyr, à 42 km à l'Est de MBour.
03 août 2008
Notre peur la plus profonde
Notre peur la plus profonde n'est
pas d'être incapable ou inadapté.
Notre peur la plus profonde est
d'être puissant au-delà de toute mesure.
C'est notre lumière, pas
notre ombre qui nous effraie le plus.
Nous nous demandons :
"Qui
suis-je pour être brillant, magnifique, talentueux et fabuleux ?"
"En fait, qui êtes-vous pour ne pas l'être ?"
Vous êtes un enfant de la Nature.
Jouer petit ne rend pas service au monde.
Il n'y a rien de sage à rétrécir pour que les autres ne se sentent pas en danger à cause de vous.
Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de la Nature qui est au-dedans de nous.
Elle n'est pas seulement dans certains d'entre-nous. Elle est en chacun.
Et en laissant cette lumière briller en nous, nous donnons aux autres la permission d'en faire autant.
Lorsque nous sommes libérés de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.
Marianne Williamson, A Return To Love: Reflections on the Principles of A Course in Miracles, 1992.
Traduction Julien Potron.
Avec une petite substitution du mot "God" par le mot "Nature"...
Our deepest fear
Our deepest fear is not that we are inadequate.
Our deepest fear is that we are powerful beyond measure.
It is our light, not our darkness
That most frightens us.
We ask ourselves
Who am I to be brilliant, gorgeous, talented, fabulous?
Actually, who are you not to be?
You are a child of Nature.
Your playing small
Does not serve the world.
There's nothing enlightened about shrinking
So that other people won't feel insecure around you.
We are all meant to shine,
As children do.
We were born to make manifest
The glory of Nature that is within us.
It's not just in some of us;
It's in everyone.
And as we let our own light shine,
We unconsciously give other people permission to do the same.
As we're liberated from our own fear,
Our presence automatically
liberates others.
Marianne Williamson, A Return To Love: Reflections on the Principles of A Course in Miracles, 1992.
Avec une petite substitution du mot "God" par le mot "Nature"...






