02 mai 2008
Loumatyr - Le 10 Février 2008
Après être arrivé en calèche de Ndiaganiao, je retrouvais mes amis et partenaires du GIE NQEL JAB, de Loumatyr et de Kône au Sénégal.
Etendue sur trois week-end, ma mission au sein des villages était multiple : auditer les différents groupes du GIE NQEL JAB, apprécier les diverses évolutions des projets de développement économique, et contrôler la bonne gestion des groupes en charge du micro-crédit.
Je devais aussi ré-adapter les outils de gestion du GIE NQEL JAB, de manière à améliorer leurs utilisations pour les différents intervenants du GIE.
Une série de visite des différents groupes s'effectua donc durant toute la journée, grâce à « Jeff on the Mix' », le brave et téméraire cheval de Aly, et objectivement le meilleur partenaire du groupement.
C'est en revenant de ces réunions, que nous avons appris le décès de Ngor, un jeune tailleur qui n'avait pas la trentaine, et qui venait de rendre son dernier soupir, lorsque nous passions en calèche non loin de sa concession.
Sombre fin de journée dans cette région perdue dans l'immensité sub-saharienne.
Sur le chemin du retour, nous approchâmes la concession de Ngor, pour discuter des circonstances de la mort de celui-ci, et pour préparer les obsèques qui allaient avoir lieu dans la nuit et dans les journées à venir.
Après s'être entretenu avec les habitants du village, qui s'étaient rassemblés dans l'obsure pénombre de cette nuit de février, éclairée par les seuls écrans de téléphone portable. Nous continuâmes notre chemin, vers la concession Mbin Niar, où nous devions laisser Jeff se reposer, après cette cinquantaine de kilomètre effectués sous une tempèrature harrassante de 35°C.
Lorsque nous nous éloignèrent de la concession de Ngor, des petits feux de bois, parsemés dans l'horizon attirèrent mon attention. Il s'agissait des feux des bergers du village.
En s'approchant d'un d'entre eux j'aperçu le bétail, allongé en cercle autour de la source de lumière et de chaleur. Il devait être plus de 21h, baisse de température et souffle du vent, se firent ressentir. Soudain un frisson me traversa, alors que j'avançais à travers le troupeau avec mes amis, puis je parvenais près du feu. Face à moi un enfant d'une dizaine d'années accompagné d'un adulte, gardait le troupeau, en attisant le feu. Seul assurance contre un vol hypothètique de bétail, la plaie du Sahel.
Une nuit parmi d'autre pour les Sérères de Loumatyr.
Après une discussion auprès du feu, nous décidâmes de reprendre notre chemin, et d'aller nous restaurer un peu avant de revenir sur nos pas, pour l'enterrement du jeune Ngor.
Sous les lumières de trois lampes torches, les jeunes du village se relayèrent pour creuser la tombe dans le sable. Alors que nous nous protègions du froid, le silence brisé par les coups de pelles, avait un goût amer.
Et alors que je rentrais dans la concession de Mbin Niar, pour dormir un peu, je croisai Gaskel, un ancien du village, qui m'offrit de manger un peu de mil à la lumière du feu, avant d'aller dormir.


