23 avril 2008
Paroles de globe-trotter au lycée Masaryk
Article de Audrey Benzaken, paru dans L'union du 19 janvier 2008 :
Ancien du lycée Masaryk, Julien Potron contait mercredi aux élèves d'aujourd'hui ses tribulations étudiantes. Un parcours qui l'a mené d'Europe en Asie, en passant par l'Afrique.
Pour Julien Potron, 24 printemps, la chaleur du retour au bercail prend
des allures de contraste étourdissant. Et pour cause, depuis deux ans
et demi, l'étudiant en commerce international originaire de
Bar-lès-Buzancy, s'est exilé en Chine.
« Ça fait du bien de rentrer mais c'est un choc », commente le jeune homme qui habite désor mais à Xïan, au cœur de sept millions d'habitants. «
On passe d'un extrême à l'autre. Ici il n'y a presque pas de bruit,
j'ai l'impression d'entendre le vent souffler dans les feuilles. »
Profitant
de ce bref retour au plancher des vaches, cet ancien élève de Masaryk
dépeignait mercredi aux lycéens actuels son parcours d'étudiant.
Tel père, tel fils
« Le témoignage en direct est parfois plus probant »,
glisse Julien Potron, invité par le professeur documentaliste Dominique
Colson, dans le cadre d'un programme d'aide à l'orientation (voir
ci-dessous). Gageons que l'assistance n'a pas dû être déçue du voyage…
Pour
ce globe-trotter, l'Empire du milieu ne constitue en effet que la
dernière étape d'un long périple international. Entre études, stage et
emplois, depuis six ans, il a ainsi crapahuté de Vouziers à Reims et
Montpellier, puis en Allemagne, Suisse ou encore au Sénégal.
Les
chiens ne font pas des chats, paraît-il. Le goût de l'évasion lui est
ainsi transmis très tôt par son père Francis Potron, président de
l'association humanitaire Argonne Manengouba, qui aide à la
reconstruction des classes au Cameroun. Au Sénégal, son fils a ainsi
monté une organisation non-gouvernementale, Teranga (hospitalité en Wolof) avec quatre amis.
Le principe ? Réaliser des audits et appuyer financièrement des projets locaux. Pour disposer du fond de garantie nécessaire à cette action, il crée également sur place une entreprise de tourisme équitable.
La fièvre continue
Son
esprit d'aventure bouillonne visiblement, et quand se présente
l'opportunité au sein de son école de commerce, de transférer ses clics
en Chine, le jeune homme saute dessus.
Son petit tableau de chasse lui permet désormais de jauger des difficultés d'évoluer à l'étranger.
« Les voyages, c'est avant tout une passion, et après on trouve les prétextes professionnels et culturels », souligne Julien Potron.
« Il n'y a pas de langue impossible, et il est tout de même plus facile d'apprendre quand on est immergé dans le pays »
Compter
malgré tout une année, à raison de 4 heures de cours quotidien de
chinois, cinq jours par semaine, pour se mettre dans le bain. « Je ne savais même pas dire bonjour en arrivant à Shanghai », sourit l'étudiant. « Au début c'était dur, un petit point, une intonation, ça change tout. »
Aujourd'hui,
il semble que l'explorateur se débrouille plutôt bien. Depuis quelques
mois, sa nouvelle entreprise oriente les étudiants étrangers qui
souhaitent poursuivre leurs études en Chine. Et sa fièvre ne s'arrêtera
pas là. « La Chine, c'est 5.000 ans d'histoire, une multitude de minorités ethniques… Il y a dix mille choses à découvrir », lance-t-il. « J'ai l'impression d'avoir à peine entamé l'entrée, alors d'ici à ce que j'arrive au dessert… ».
Article paru dans L'union du 19 Janvier 2008
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